Culture

L'expérience des sociétés développées et celles qui émergent aujourd'hui confirme le primat de la culture sur le développement. En effet, la culture, dans son acceptation moderne est une appréhension du monde contemporain dont le savoir, la création et l'innovation sont des signes logiques du développement. Par conséquent, la dualité culturelle issue de la colonisation en Afrique a freiné le déploiement des capacités créatrices des populations privées de leurs atouts culturels. Les artistes congolais par leurs oeuvres d'art contribuent à la réappropriation de l'identité culturelle étouffée par la colonisation et l'hégémonie culturelle occidentale.

En fait, la maîtrise culturelle libère les énergies créatrices du développement par la voie de l'art. L'art africain intègre les trois éléments de l'univers : la nature, l'homme et le divin. Il vise non pas l'individu isolé, mais l'homme intégré, profondément solidaire du groupe et de la communauté. L'art est le ferment nécessaire qui conduit vers une réelle transformation de l'être humain et de son développement, car parmi les multiples voies de la connaissance, la voie artistique est la plus douce, et certainement la plus marquante et la plus durable.

Arts

Les Tékés produisent des statuettes rituelles en bois dessinées au culte des génies et des ancêtres et des masques ronds ornés de figures géométriques. Les statuettes kongo sont célébres par leur foisonnement de clous et de lames de couteaux fichées dans le bois. Les statuettes-reliquaires des Vili s'apparentent à la statuaire des Punus du Gabon, avec des visages peints en blanc. Les Babembés sont spécialisés dans la sculture miniature. Edouard Malonga et Grégoire Massengo perpétuent aujourd'hui la sculture traditionnelle.

L'école de peinture de Poto-Poto, du nom d'un des quartiers populaires de Brazzaville,a formé de nombreux peintres. Connue à l'étranger pour l'invention d'un style original, appelé "les Mickeys" (miké veut dire petit en lingala), et dirigée par Nicolas Ondongo, l'école est revenue à un style plus naturalisme (scéne de marché, de chasse).

Littérature

Organe officiel des centres culturels de l'AEF, la revue Liaison fut à latribune des jeunes intellectuels congolais et fit connaître quelques-uns des écrivains congolais, déjà nombreux à l'époque.Citons : Jean Malonga (Co ur d'Aryenne, 1947),Guy Menga, dramaturge (la Marmite de Koka-Mbala, 1966) et romancier (la Palabre stérile, 1968),Sylvain Bemba, romancier et dramaturge (L'enfer, c'est Orfeo, 1969).
Tchicaya U Tam'si, l'un des plus grands poètes d'Afrique Noire, publie en 1955, son premier recueil : Mauvais Sang.

A partir de 1968, l'essor de la littérature congolaise s'amplifie. Le poète Jean-Baptiste Tati-Loutard fait paraître les Racines congolaise; Maxime N'Debeka, Soleil neufs en 1969.

Le roman est représenté par Emmanuel Dongola (Unfusil dans la main, un poème dans la poche, 1973), Henri Lopès (le Pleurer-Rire, 1982), le nouvelliste Tchichellé Tchivela (Longue est la nuit, 1980), Sony Labou Tansi (la vie et demie, 1979).

Il faut enfin mentionner le romancier et essayiste Jean-Pierre Makouta-Mboukou et l'essayiste Théophile Obenga (Sur le chemin des hommes, 1984), également poète.

Voici 2 romans récents :

Le nouveau roman d'Alain Mabanckou "Mémoires de porc-épic", un livre très attendu après le succès de "Verre cassé" paru l'année dernière, et qui a reçu trois grand prix littéraires et atteint la finale du prix Renaudot.
Mémoires de porc-épic" est le second volet d'une trilogie inaugurée par l'inoubliable "Verre cassé". Ici encore, en détournant les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaine.

Le premier roman de Dieudonné Antoine-Ganga, "Si Bacongo m'était conté...", qui à travers le personnage de Bazebizonza est la mémoire du Congo. Il raconte des histoires étranges, foisonnantes et parfois choquantes des événements qui ont marqué la vie non seulement des habitants de Bacongo, mais de tous les congolais. Il y évoque aussi avec une grande lucidité la démagogie des politiciens, l'oppression des citoyens, les ravages de la guerre civile.

Théâtre

En 1963, deux troupes furent créées, qui fusionnèrent dans le théâtre national congolais en 1965. A côté de Guy Menga et Sylvain Bemba, citons les poètes M. N'Debeka (le Président, 1970) et Tchicaya U Tam'si, Patrice Lhoni (l'Annonce faite à Mukoko), Ferdinand Mouangassa (Nganga-Mayala, 1968), etc.

Le théâtre des années 1980 des voies nouvelles, sous l'impulsion du Rocado Zulu Théatre (fondé et animé par Sony Labou Tansi), de la troupe artistique Ngunga, du théâtre de l'Éclair d'Emmanuel Dongala.

Musique et danse

La danse et la musique font partie intégrante de la tradition et de la vie quotidienne, qu'il s'agisse des danses sur échasses du Niari ou de la danse Kyébé-kyébé des Mboshis, qui comporte des marionnettes aux couleurs vives.

Le Ballet nationale du Congo puise dans la tradition des tableaux dansés.

La musique congolaise est celle qui s'est le plus propagée dans toute l'Afrique, sous de multiples dénomination : jazz congolais, Congo Music, rumba ou soukouss, musique de danse qui mêle les formes occidentales (rock,etc.) et les rythmes antillais. En marge du soukouss, un musicien comme N'Zongo Soul renoue avec le walla, un des rythmes traditionnels du peuple kongo.

Cinéma

Quatre réalisateur ont fait connaitre le cinéma congolais : Alain N'Kodia (Mami Wata, 1970), Jérôme Tsila (Zomba Nkoukou, 1972) , Sébastien Kanga (la Rançon d'une alliance, 1975, adaptation du roman de J. Malonga, la légende de M'Pfoumou Ma Mazono) et Jean-Michel Tchissoukou (la Chapelle, 1979 ; les Lutteurs, 1982)