L'histoire du Congo

Histoire ancienne

Les premiers habitants du pays semblent avoir été les Pygmées. Au premier millénaire avant notre ère, le pays a été touché par la grande migration des populations de langue bantoue venues du nord et pratiquant la métallurgie du fer et l'agriculture. Ils atteignirent la région en longeant la côte et les cours d'eau.

Plusieurs royaumes se constituèrent dont on ne connaît pas très bien les origines : le royaume téké au nord dans les terres; plusieurs royaumes kongo sur la côte et dans le massif du Mayombé.

La pénétration européenne

En 1482, l'explorateur portugais Diogo Cam atteignit l'embouchure du fleuve Congo. Il découvre deux grands royaumes. Le royaume du Loango, couvrant les zones au nord et à l'est du fleuve, est vassal du royaume Kongo, qui contrôle les terres situées près de l'embouchure du fleuve jusqu'à la rivière Cuanza au sud.

Après un demi-siècle de rapports égalitaires entre Lisbonne et Mbanza-Kongo, la capitale du royaume, la pression des Portugais expatriés à São Tomé et l'intensification de la traite des Noirs attisent les conflits dans les provinces, et aboutissent à la destruction du royaume de Kongo et affaiblissent considérablement le royaume du Loango.

La chute du royaume, la traite, les guerres et l'action des missionnaires troublent les populations qui suivent des mouvements messianiques syncrétiques. Le plus remarquable, celui des Antoniens, est dominé par la figure de Kimpa Vita, appelée également Dona Béatrice. Prêtresse traditionnelle ayant eu une vision de saint Antoine de Padoue, elle se présente comme la restauratrice du royaume. Celle-ci est capturée par les missionnaires capucins et brûlée vive par l'Inquisition.

C'est dans ce contexte de ruine économique et politique qu'intervinrent les grandes explorations africaines du XIXe siècle. A l'époque où Stanley explorait le cours principal du Congo, Pierre Savorgnan de Brazza remontait le cours de l'Ogooué, explorait la rive droite du fleuve Congo et atteignait le Stanley Pool; en 1880, il passa avec un souverain téké, le roi Makoko, un traité de protectorat au profit de la France en 1880. Peu après,  ma-Loango, roi du Loango, signe à son tour un traité avec le lieutenant Cordier.

La colonisation française

Le parlement français ratifia l'accord en 1882, et la conférence de Berlin (1884-1885) reconnut les droits de la France sur la rive droite du Congo. Le Congo et le Gabon furent alors réunis et placés sous l'autorité de Pierre Savorgnan de Brazza, devenu commissaire général. Celui-ci étendit encore les possessions françaises vers le nord.

En 1891 fut créée la colonie du Congo français. Commença alors une période sombre pour les peuples du Congo. La colonisation française est marquée par l'implantation de compagnies concessionnaires possédant d'immenses superficies et exploitant les richesses naturelles sans investir ni préparer l'avenir économique et social du territoire. Le travail forcé et le portage administratif, les conditions de travail inhumaines déciment les populations (peut-être 300 000 morts entre 1890 et 1910).Ces compagnies se livrèrent à tous les excès : réquisition, pillage systématique des ressources, travail forcé, brutalités, qui suscitèrent des révoltes qu'elles noyèrent dans le sang.

En 1903, la région prend le nom de Moyen-Congo.

En 1905, le procès de deux administrateurs convaincu d'abus, Gaud et Toqué, souleva l'indignation des députés. L'administration coloniale lança une enquête mais l'affaire fut rapidement étouffée.

En 1910, le Moyen-Congo devient une colonie intégrée au sein de l'Afrique-Équatoriale française. Brazzaville devint la capitale de l'Afrique équatoriale française, et les régions explorées par Brazza furent partagées en deux territoires : le Gabon à l'Ouest et le Congo à l'est.

Divers scandales, comme le coût humain de la construction du chemin de fer Congo-Océan (sur les 125 000 hommes recrutés de force, 25 000 moururent d'épuisement, de maladie ou victimes de mauvais traitements) entraînent de vigoureuses protestations, dont celle de l'écrivain André Gide dans Voyage au Congo et les reportages d'Albert Londres, qui obligent les autorités françaises à retirer aux compagnies les concessions qu'elles détiennent, du moins la plus grande partie.

Pendant la Première Guerre mondiale, les Français recrutèrent un grand nombre de soldats dans le moyen-Congo. Ceux-ci participèrent aux combats en Afrique et en Europe, où ils se distinguèrent par leurs bravoure et leur vaillance. Le régime colonial demeura inchangé après le conflit.

Vers l'indépendance

Les conditions d'exploitation de la colonie expliquent que le nationalisme se soit très tôt développé au Congo.

En 1926, André Matswa fonda une amicale chargée de venir en aide aux anciens combattants. Elle se transforma rapidement en mouvement de protestation et suscita un tel engouement que l'administration coloniale prit peur et fit incarcérer Matswa. Ce dernier mourut en prison en 1942, dans des conditions restées obscures. Le mouvement se transforma alors en une Église qui recruta surtout dans son ethnie d'origine.

Le soulèvement de Brazzaville en 1940 permit le ralliement du Moyen-Congo au général de Gaulle. La ville fut alors érigée en capitale de la France libre. Le général de Gaulle confia l'AEF à Félix Eboué, ancien gouverneur du Tchad et premier administrateur d'Afrique centrale rallié à sa cause.

En 1944, de Gaulle et Eboué réunirent les administrateurs coloniaux à Brazzaville pour évoquer l'avenir des colonies françaises . La conférence de Brazzaville rejeta totalement l'idée d'une indépendance, même lointaine, mais promit de faire participer davantage les Africains aux affaires locales.

Le nationalisme prit réellement corps après la guerre. En 1945, les Congolais élurent le premier député congolais, Félix Tchicaya, à l'Assemblée constituante à Paris. Celui-ci fonda en 1946 le Parti progressiste congolais (PPC), section congolaise du RDA (Rassemblement démocratique africain). Tchicaya s'opposait à Jacques Opangault. L'un et l'autre furent pris de vitesse par l'abbé Fulbert Youlou, fondateur de l'UDDIA (Union démocratique de défense des intérêts africains) qui remporta avec éclat les élections municipales de 1956.

En 1946 et 1958, à Brazzaville, le Général de Gaulle prononce les discours qui annoncent la décolonisation. Brazzaville devient ainsi le symbole de l'Afrique indépendante.

En 1958, le référendum sur la Communauté française obtint 99 % de "oui" au Moyen-Congo. Le Congo devint une République autonome , avec Fulbert Youlou pour premier ministre.

En 1959, des troubles éclatèrent à Brazzaville et l'armée française intervint. Le 15 août 1960, le Congo accéda à l'indépendance. Fulbert Youlou fut élu président de la République du Congo.

Le Congo contemporain

Le régime de Fulbert Youlou exacerba les tensions ethniques, déjà fortes lors de la marche vers l'indépendance, et manifesta un anticommunisme virulent. En août 1963, un soulèvement populaire ("les Trois Glorieuses") organisé par les syndicats obligea Fulbert Youlou à démissionner. Alphonse Massamba-Débat constitua un gouvernement provisoire avant de remporter les élections présidentielles de 1963.

Les difficultés économiques et le contexte politique régional - la guerre du Congo-Kinshasa devenu le Zaïre- accentuent l'instabilité politique. Le pays se rapproche de la chine communiste.

En 1968, Alphonse Massamba-Débat est renversé par le capitaine Raoul.

En janvier 1969, le capitaine Marien Ngouabi prit le pouvoir par la force et fonda le PCT (Parti congolais du travail. Il mit en place une politique de type marxiste-léniniste.

En janvier 1970, le pays devient la République populaire du Congo.

Les conflits ethniques et idéologiques se poursuivent et, en 1977, Marien Ngouabi fut assassiné. Le colonel Joachim Yhombi-Opango pris sa succession. Des liens politiques et économiques étroits sont maintenus entre la France et le Congo. Celui-ci se garde bien, ainsi, d'africaniser le nom de sa capitale contrairement aux autres capitales africaines.

EN 1979, le colonel Joachim Yhombi-Opango démissionna, et quelques mois plus tard, le colonel Denis Sassou-Nguesso prit la tête du parti et de l'État.

En 1981, le Congo signe un traité de coopération et d'amitié avec l'URSS. Malgré un discours marxisant et une pratique dictatoriale du pouvoir, son régime évolua vers le libéralisme économique.

En 1984, puis 1989, le colonel Denis Sassou-Nguesso fut réélu, mais il doit faire face à une opposition grandissante, alimentée par la dégradation économique (baisse du prix du pétrole et endettement).

Une difficile démocratisation

En 1990, la population du Congo se souleva massivement. Le PCT renonça alors au marxisme-léninisme et, en 1991, le président Sassou-Nguesso réunit une conférence nationale. Celle-ci adopta une nouvelle Constitution (instauration d'un Conseil supérieur de la République encadrant les pouvoirs du Président) et, en 1992, organisa des élections présidentielles libres qui virent la victoire de Pascal Lissouba, avec 61,32 % des voix. Il dirige aussi l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). Après avoir été élu, Lissouba est accusé de régionalisme et de dérive autoritaire par son adversaire Sassou-Nguesso.

En juin 1993, l'UPADS remporta les élections législatives. Mais les désaccords politiques et ethniques, qui déchirent le pays depuis plus de trente ans, et les graves difficultés économiques provoquèrent des affrontements meurtriers entre l'opposition et l'armée.

En juillet 1993, le président Lissouba décréta l'état d'urgence, soulevant d'intenses protestations.

De juillet 1993 à 1994,Brazzaville est le théâtre d'une guerre civile opposant partisans du président Lissouba, partisans de l'ancien président Sassou-Nguesso et partisans de Bernard Kolélas, dirigeant du principal mouvement d'opposition et maire de Brazzaville.

En 1995, le conflit, qui aurait provoqué la mort de deux mille personnes et entraîné le déplacement à l'intérieur du pays de cent mille personnes, ne s'apaise qu'avec l'entrée de quatre membres de l'opposition au gouvernement. Cependant, l'État ne parvient pas à contrôler les milices partisanes armées, recrutant parmi les jeunes Congolais touchés par le chômage et encadrées par des militaires.

En mai-juin 1997, l'armée régulière de Lissouba et la milice de Sassou-Nguesso s'affrontèrent, compromettant les élections prévues en juillet.

Le 5 juin 1997, l'armée appuyée par les "Zoulous" (la milice privée du chef de l'État) encercle la résidence de Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci répond en s'appuyant sur sa propre milice (les "Cobras"). Durant quatre mois, de violents affrontements se déroulent dans Brazzaville, la dévastant et la vidant de ses habitants. Dans l'incapacité de l'emporter avec leurs seules forces, les belligérants font appel à des aides extérieures : Lissouba, bientôt allié de Kolélas, a recours à des pilotes d'hélicoptères Mi-24 des anciens pays de l'Est, Sassou-Nguesso fait, quant à lui, appel aux forces du président angolais Dos Santos dont il a toujours été proche politiquement. Ces dernières, qui interviennent en masse en profitent pour prendre à revers leurs adversaires de l'UNITA alliés traditionnels des Congolais de Kinshasa.

Le 16 octobre 1997, Sassou-Nguesso, victorieux, déclare la fin de la guerre (dont le bilan serait de 4 000 à 10 000 morts), appelle à la réconciliation des Congolais.

Le 25 octobre 1997, Sassou-Nguesso se proclame président après avoir formé un gouvernement d'union nationale dont l'éventail se révèle vite bien étroit. Ce dernier a pour mission de déterminer la durée et les modalités de la période de transition précédant la tenue d'élections générales.

En 1999, les combats reprennent entre armée et "Ninjas". La guerre civile laisse des traces indélébiles et divise profondément le pays : le Nord restant proche de Sassou-Nguesso, le Centre-Ouest rattaché à Lissouba (en exil), et la région du Pool (Brazzaville) à Kolelas (en exil). Le Congo devient une zone où les miliciens non payés font régner l'insécurité. En demandant l'aide de l'Angola, le pays s'est trouvé impliqué dans le grand conflit qui frappe la région des Grands lacs.

En décembre 1999, un accord de paix a été conclu entre toutes les factions armées du pays. Le fossé semble pourtant demeuré entre les acteurs politiques de l'intérieur et ceux dont l'exil se prolonge. Après la cessation de la guerre, le gouvernement congolais devra désormais se consacrer à la reconstruction et à la réhabilitation des infrastructures détruites.

En 2001, le projet de nouvelle Constitution, adopté par le Parlement provisoire, qui prévoit un régime présidentiel conférant au chef de l'État de larges pouvoirs.

En 2002 l'organisation des élections, conformément à la nouvelle constitution : adoption de la nouvelle constitution par référendum (janvier), élections présidentielles (mars, victoire de Denis Sassou Nguesso), législatives, municipales, régionales et sénatoriales (de mai à juillet). Message à la nation du président Sassou Nguesso, annonçant la fin de la période de transition (9 août).

Mais la guerre civile a laissé des traces indélébiles et divisé profondément le pays : le Nord reste proche des partisans de Sassou-Nguesso (les "Cobras"), le Centre-Ouest rattaché à ceux de Lissouba (qui ont choisi le nom de "Ninjas"), et la région du Pool (Brazzaville) à ceux de Kolela.

Le Congo-Brazzaville est devenu une zone où les miliciens non payés font régner l'insécurité dans tout le pays.

En demandant l'aide de l'Angola qui soutenait Sassou-Nguesso, le Congo s'est trouvé impliqué dans le grand conflit qui frappe la région des Grands Lacs. En effet, la guerre civile du Congo-Brazzaville a rapidement débordé dans les États voisins et est passée d'un problème de pouvoir essentiellement national à un conflit régional plus vaste.

L'armée reste toujours présente au sein des dirigeants au pouvoir au Congo. Le prix de la victoire de Denis Sassou-Nguesso est très lourd, car presque toutes les infrastructures du pays sont en ruine.